Jour 0

J’ai racheté le nom de domaine unautreblogue.ca il y a quelques jours. Après presque 2 ans, il était encore disponible. Je le trouve pas mal pourtant… Mais bon…

J’ai aussi réactivé mon blogue personnel. Je ne sais trop pourquoi étant donné mon autre blogue sur Voir.ca. Tout ça pour dire que j’ai relu quelques billets que j’avais écrits de 2008 à 2011. Ouch! J’étais un brin cynique. Pire qu’un vieux con.

Faisons un deal. À partir d’aujourd’hui, on recommence. C’est le jour 0. Tout ce que j’ai écrit avant aujourd’hui, ça ne compte pas. Enfin, presque tout; il y a quand même quelques trucs corrects.

Deal?

Roadkill Superstar (et Yves Corbeil, man) frappent encore

T is for TURBO from RKSS.tv on Vimeo.

Ceux qui, il y a quelques années, nous ont donné le “très poétique” Bagman viennent tout juste de faire paraître T is for Turbo, un genre de Scott Pilgrim meets Mad Max. Au menu: hémoglobine, une fille qui se fait kidnapper par des bas ass sortis tout droit de Mad Max, François Gadbois (le frisé qui fait les annonces de Rogers), et Yves Corbeil, man!

Le film a été soumis au concours ABC’s of Death, un projet de film dans lequel on pourra voir 26 courts métrages back à back ; chaque court représentant une lettre de l’alphabet. Pour l’instant, il y a 25 réalisateurs participants. L’équation est donc très simple: 26-25=1. Bingo, il manque un réalisateur alors la bande de Drafthouse Films, qui est derrière ABC’s of Death, a lancé un concours. Celui qui gagne verra son court métrage dans le film et repartira avec 5000$.

Pour voter pour Roadkill Superstar et peut-être, un jour, voir Bagman, le long métrage, c’est ici que ça se passe.

Parce que, au Québec, il n’y a pas que Céline et le Cirque du Soleil qui soient big

Sans dessein: ça c’est de l’art man!

Sans dessein, c’est le titre d’un film québécois produit et réalisé par le collectif Dead Cat Films, et dont pratiquement personne n’a parlé. Si je ne m’abuse, le film n’a jamais été présenté en salles, sinon dans quelques festivals. Fantasia et les Rendez-vous du cinéma québécois, notamment. Un film qui porte bien son nom, peut-on donc croire… Or, c’est vraiment quelque chose à voir. Pas pour ses qualités techniques ou esthétiques, ni ses effets spéciaux ou ses grandes performances d’acteur – le film n’a probablement pas coûté plus cher à produire que ce qui a été alloué pour la conception de l’affiche du film Route 132 -, mais pour les moments de purs délires, ses personnages caricaturaux, et parce que le collectif a su faire un film de genre accessible.

En gros, ça raconte l’histoire de Paul, un gars sans ambition ni intérêt, qui fait le ménage dans une entreprise de sous-traitance en entretien ménager… Un jour, il reçoit la visite de son propre fantôme, venu du futur, qui veut l’aider à changer son destin (qui est de se noyer dans sa propre merde). Ensemble, ils tenteront donc de charmer Martine, une fille sur laquelle Paul avait un solide kick alors qu’il était au primaire. Tel serait son nouveau destin.

Histoire de vous donner quelques repères, disons que, au Québec, c’est ce qui se rapproche le plus de ce que pourrait faire Todd (The Hangover) Phillips, Judd (Pineapple Express) Apatow ou Kevin (Clerk) Smith, mais avec un peu de sauce brune et de fromage en crottes.

Pas sûr qu’Oprah le recommanderait, mais… on s’en fout d’Oprah!

Le film est disponible en DVD et sur illico depuis quelques semaines. Pitchez-vous!

Fantasia 2011: Hello Ghost

Comme premier film à Fantasia cette année, je suis plutôt bien tombé bien que j’aie manqué les 2-3 premières minutes. Je suis allé voir la comédie coréenne Hello Ghost.

Hello Ghost, ça raconte l’histoire d’un orphelin dans la mi-vingtaine, Sang-Man, qui décide de mettre fin à ses jours par je-ne-sais quelle manière  puisque, quand je suis entré dans la salle, il était déjà à l’hôpital… Dès lors, puisqu’il s’est rapproché de la mort, il commence à voir des fantômes qui le suivent partout et qui se servent de son corps pour réaliser leurs dernières volontés. Il y a quautre fantômes:  un jeune garçon qui veut se rendre au cinéma et manger quelques bols de nouilles aux fèves noires, un fumeur compulsif qui veut faire un tour de voiture jusqu’à l’océan, une femme qui pleure sans arrêt et qui désire préparer un festin gargantuesque, et un vieil homme voyeur et probablement alcoolique qui veut remettre une vieille caméra qu’il avait empruntée à un homme alors qu’il était vivant. Bref, ils ont tous besoin du corps de notre ami suicidaire pour réaliser leurs dernières volontés, et ils ne se gênent pas pour l’emprunter tout à tour.

C’est d’ailleurs ces situations où les fantômes prennent possession du corps de leur souffre-douleur qui rendent le film si sympathique. En effet, c’est plutôt drôle de voir le personnage principal prendre les traits de caractère des fantômes pour ensuite interagir avec lui-même, le tout sous les yeux d’un autre humain, telle la jolie infirmière de qui Sang-Man tombe bien évidemment amoureux. Les sud-coréens ont habituellement un grand talent pour développer des personnages caricaturaux et gauches et on ne fait pas exception à la règle ici. Ce qui est plus étonnant, c’est de voir qu’il demeure possible d’aborder des thèmes plus graves – tels que la mort, la famille, l’amour, la dépression et le suicide – sur un fond d’humour, voire même satirique. C’est tantôt drôle, tantôt touchant, et c’est surtout très sud-coréen!

Une deuxième et dernière représentation aura lieu aujourd’hui, à 13h.

Piano, clarinette et Public Enemy

NSD, c’est le nom d’un groupe hip hop qui vient de faire paraître son deuxième album, Pour emporter. Ce que j’aime de ce groupe c’est qu’il se différencie complètement des autres groupes du genre. Et, avec ce deuxième album, c’est encore plus vrai. En effet, cette fois, tous les instruments que l’on peut entendre sur l’album sont… de vrais instruments. Il n’est pas question d’échantillonnages ici. On parle plutôt d’un être humain avec un quelconque cuivre entre les mains, portant ce dernier à sa bouche afin d’en extraire un son, voire une mélodie. Original, n’est-ce pas?

C’est comme écouter Grandmaster Flash rapper en français alors qu’il est accompagné par, tantôt un band de jazz, tantôt un band klezmer, tantôt un band funk, tantôt une fanfare, et tantôt un orchestre symphonique.

Cet album, c’est un mélange de genres comme j’en ai rarement entendu. J’ai connu Jeune Chilly Chill, l’un des deux MCs, alors que j’étais plus jeune. C’était mon partner de basketball et de soccer. Grâce à lui, j’ai assisté gratuitement à plein de matchs de l’Impact car son père avait une revue de soccer, ou je ne sais plus trop quoi. Trève d’anecdotes futiles, je me souviens que, à 10 ans, celui que l’on appelait Xavier jouait du piano et que, à 15 ans, il en était à la clarinette. Et pendant tout ce temps, nous nous échangions nos cassettes de Public Enemy, Das Efx, Slick Rick, Ice-T, Ice Cube, Dr. Dre et NWA.

Ce deuxième album de NSD, c’est précisément ça; un amalgame de piano, de clarinette (et autres cuivres) et de beats old school à la Public Enemy. C’est aussi une bande de joyeux lurons qui ont des repères comme très peu de rappeurs en ont car, pour faire quelque chose d’éclectique qui se tienne comme c’est le cas avec cet album, ça prend assurément beaucoup de créativité, de talent, et de repères.

Bref, c’est carrément génial.

L’album est en écoute sur la page Bandcamp du groupe.