Ça fait presque 10 ans que je travaille sur le Web.

Quand j’ai commencé, la mode des sons en MIDI sur les pages HTML était en voie d’extinction. C’était juste avant la mode des sites en Flash (4), avec de la grosse musique techno. Dans ce temps-là, peu importe la nature du site, on faisait quelque chose en Flash, avec de la grosse musique techno.

Par la suite, la mode des sites blancs avec des lignes partout est arrivée. En Flash (5), encore une fois. Peu importe la nature du site, on faisait quelque chose de blanc, en Flash, avec des lignes qui bougent.

Il y a ensuite eu les frames. Vous savez, les fameuses scrollbars en plein milieu d’une page. C’était LA façon pour qu’un menu de navigation soit toujours visible. Il y a aussi eu les boutons avec rollover, en Flash (6), qui, lorsqu’on passait le curseur par dessus, émettaient un petit bruit qui aurait très bien pu être celui d’un robot qui fait des flatulences. Bip!

Bref, depuis que je travaille sur le Web, ça a beaucoup changé.

Mais certaines choses sont semblables. Notons par exemple le comportement de certaines entreprises dont le site Web ne répond pas toujours – ou très mal – aux besoins des internautes.

En 2001, avec des gens avec qui j’ai étudié, j’avais ma propre entreprise de conception de site Web. Sur notre site Web, il y avait l’heure et la météo. N’est-ce pas utile! Nous savons tous que Monsieur Untel, alors qu’il cherche une entreprise qui lui fera un site Web pas trop cher, aimerait bien qu’on lui dise l’heure qu’il est et le temps qu’il fait dehors. Jamais on ne s’est posé la question à savoir ce que Monsieur Untel désirait voir sur notre site avant de nous confier la conception d’un site Web blanc, en Flash (5), avec des lignes qui bougent partout…

Quelques dix années plus tard, cette tendance est malheureusement encore présente sur le Web. Et je ne parle pas des sites blancs, en Flash (5), avec des lignes partout; mais des utilitaires dont les internautes n’ont aucunement besoin ou qui nous font perdre notre temps.

Par exemple, avant-hier, j’étais sur le site de mon fournisseur Internet pour en connaître un peu plus sur leur nouvelle offre en matière de téléphonie mobile. Je cherchais désespérément une façon de voir combien ça me coûterait, par mois, pour avoir le forfait 4 services (téléphone, Internet, câble et cellulaire). Après plusieurs minutes de recherche, je perçois un lien qui dit quelque chose comme “Parler à un agent”. Je clique donc sans trop savoir ce qui allait se passer. C’est alors qu’on me demande mon numéro de téléphone en me disant qu’un agent me contactera sous peu. Dès lors, je me dis qu’il s’agit là d’un service intéressant car je n’aurai pas à attendre – en écoutant de la musique d’ascenseur – qu’un agent se libère; que ce sera lui, l’agent, qui me contactera lorsqu’il se libérera. Quelques secondes après que j’aie soumis mon numéro de téléphone, le téléphone sonnait. Hélas, c’était une machine qui me remerciait d’avoir visiter le site Web de l’entreprise en question et qui me disait qu’un agent allait être avec moi dans quelques instants.

Hum… Pas aussi efficace que je ne l’aurais cru…

Quelques temps plus tard, je parlais à un agent à qui je demandais combien me coûterait un forfait 4 services avec eux. L’agent en question me demande alors – histoire d’accéder à mon dossier – mon nom, mon adresse, mon numéro de téléphone (est-ce que tu ne viens pas de m’appeler toi???), le nom de jeune fille de ma mère, etc. Je lui donne le tout pour me faire dire que, malheureusement, il ne pourra pas m’aider et qu’un de ses collègues me rappellera.

-Aujourd’hui?

-On ne peut rien vous promettre, monsieur!

-euh…

Bref, je n’ai jamais eu les renseignements que j’attendais. Alors que, en 2001, on s’amusait à utiliser des scripts qui donnaient l’heure et la météo pour la seule et unique raison que avions été capables de les intégrer sur notre site, en 2010, les entreprises développent maintenant des utilitaires qui, en plus de ne répondre que partiellement aux besoins des internautes (lire ici clients), nous font perdre un temps fou étant donné qu’elles ne disposent pas des ressources nécessaires à la maintenance de ce service.

Il y a bien une différence entre perdre son temps sur le Web en 2001 et 2010… En 2001, c’est ma mère qui me disait de faire le ménage plutôt que de perdre mon temps sur le Web alors que, en 2010, c’est ma blonde… Au moins, maintenant, je peux rétorquer que ce n’est pas ma faute…