Archive pour un autre esthète

Banksy et The Simpsons (mise à jour 2)

Banksy vient de mettre en ligne ce film cette intro de la populaire émission The Simpsons. Aucun texte explicatif… Rien…

Vous en pensez quoi?

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Ajout

L’introduction a bel et bien été présentée à la télé, dimanche soir. Le NyTimes s’est même entretenu avec Al Jean, le producteur exécutif de The Simpsons. Quant à la signification du message, je n’ai encore rien trouvé de concret qui puisse expliqué ce que Banksy voulait dénoncer.  À suivre.

Ajout 2

Selon The Guardian, Banksy se serait inspiré du fait que les personnages des Simpsons soient animés par des animateurs sud-coréens qui, selon le China Daily,  reçoivent en moyenne 3 fois moins que leurs homologues américains.

Un Banksy à Montréal

Ce serait quand même chouette, non? Considérant qu’une de ses toiles s’est vendue pour près de 2 000 000$, je me demande ce que la ville ferait…

Pour ceux que ne le savent pas, Banksy est un artiste anglais de Bristol qui fait principalement du street art. Bristol et Londres regorgent d’ailleurs de ses oeuvres. Banksy est également passé maître dans ce qu’on pourrait appeler le hacking art – ou canular artistique. C’est ainsi qu’il a notamment accroché lui-même certaines de ses oeuvres dans des musées avant de s’éclipser en douce.

Banksy

Au Bistrol Museum

En 2006, il est également entré à Disney World pour y déposer discrètement un mannequin dont l’allure s’apparentait à celui d’un condamné à mort.

Toujours en 2006, il achetait 500 albums de Paris Hilton pour les modifier quelque peu et les remettre sur les tablettes. J’ai même lu sur Wikipedia que certains de ces disques se sont ensuite vendus quelques 1000€ sur le Web (voir les détails de la pochette).

Bref, vous voyez le genre…

Tout ça pour dire que, alors que son documentaire Exit Through the Gift Shop joue présentement un peu partout dans le monde – dont au AMC -, Banksy est présentement en tournée de promotion. Mais comme personne de l’a officiellement jamais vu, il semble avoir trouvé une alternative aux entrevues…

C’est ainsi que, à New York, sur la rue Cedar, entre Greenwich et Trinity, une nouvelle oeuvre de Banksy a été découverte.

banksy - i heart new york nyc

Comme le film est présentement à l’affiche à Montréal, ce serait chouette si Banksy venait y laisser un petit souvenir. Pourquoi pas ici, en plein coeur du Quartier des Spectacles?

Bande-annonce de Exit Through the Gift Shop.

Vidéoclip coloré

Autoportrait à l'oreille coupée de Van Gogh - reconstitution de Hold Your Horses

Le groupe parisien Hold Your Horses a mis en ligne, la semaine dernière, un vidéoclip très chouette pour leur pièce 70 Million.  On y voit les membres du groupe  reconstituer certaines des plus grandes oeuvres d’art de l’histoire de la peinture.

Au menu: La Cène de Leonardo Da Vinci, La Jeune Fille à la Perle de Johannes Vermeer, Le fils de l’homme de René Magritte, Le Cri de Edvard Munch, l’un des autoportraits à l’oreille bandée de Van Gogh, et autres Marilyn d’Andy Warhol.

L'art de savoir se servir des réseaux sociaux

Aujourd’hui, c’est le follow a museum day, un concept assez tripant qui consiste à partager avec vos followers les musées que vous suivez sur Twitter. Cette initiative semble être celle de Jim Richardson, un consultant qui se spécialise dans la publicité pour des entreprises et organismes oeuvrant dans le domaine des arts, et elle vise à faire connaître massivement les musées du monde entier via les réseaux sociaux en plus d’iciter ceux qui n’y sont pas présents à le devenir. Ces derniers sont d’ailleurs très nombreux!!! Je pense entre autres au Musée McCord, au Centre canadien d’architecture, au Musée Point-à-Callière, au Musée du Louvres, à la Fundació Salvador Dali, à la Fundació Joan Miró, à la Villa Borghese, au Palazzo Pitti, à la Galleria Del Uffizi et plusieurs autes…

J’adore le côté semi-communautaire de l’idée. En créant cette journée, Jim Richardson ne se fait sans doute pas un sous à court terme mais il sait pertinemment que si l’initiative fonctionne pour les musées du monde entier, à long terme, ces derniers se l’arracheront quand viendra le temps de créer leur nouvelle campagne publicitaire.

Voilà une utilisation intelligente des médias sociaux, d’autant plus qu’on nous propose un répertoire de musées se retrouvant sur Twitter, et ce selon le pays désiré. Il faut arrêter de tenter de convaincre les gens de venir chez soi parce qu’on est le moins cher! Au contraire, il faut donner des outils aux gens et les convaincre que nous sommes les plus gentils. Les gens ne l’oublieront pas et quand viendra le temps d’investir ou de dépenser un peu de sous, ils se souviendront de nous…

Le jour où les différents médias et autres compagnies oeuvrant dans le monde des communications et du marketing s’appercevront que les vieux modèles d’affaires traditionnels ne s’appliquent pas nécessairement aux médias sociaux et qu’ils liront ce que signifie véritablement le mot « social » dans le dictionnaire, nous verrons sans doute naître plusieurs projets vraiment intéressants. D’ici là, il faudra continuer à endurer la publicité cheap et déguisée ainsi que les avalanches de liens dont le contexte de diffusion est inexistant dans notre News Feed (condensé de nouvelles).

Ceci dit, alors que,  vers 17h00, le Musée des beaux-arts de Montréal avait 50 followers de plus grâce à cette journée et que le MOMA en avait plus de 300 de plus qu’à midi, j’ignore s’il s’agit d’une réusite et si l’objectif initial a été atteint mais il demeure qu’il s’agit d’une expérience très intéressante qui gagne a être adaptée sous plusieurs formes.

P.S. Voici ma participation ainsi que le répertoire des musées canadiens.

L'art d'exposer

Comme je le disais dans un récent billet, la fin de semaine dernière, je suis allé voir l’exposition J. W. Waterhouse : Le Jardin des sortilèges au Musée des beaux-arts de Montréal. Bien que le style de Waterhouse n’en soit pas un qui me plaise énormément (réaliste, beaucoup de détails, couleurs vives) et que je  ne revêts pas mon suit de chevalier la fin de semaine en jouant à Dungeons & Dragons, il demeure qu’une intéressante et mythique atmosphère émane de son oeuvre. C’est ainsi que dryades, naïades et autres sirènes se rencontrent dans ses différents tableaux.

Dans la liste des 20 sujets qui m’intéressent, publiée sur le présent blogue il y a quelques semaines, je parlais de mon intérêt pour les “contenants”. J’ai longuement voulu expliquer ce point mais je n’ai jamais véritablement pris le temps de le faire avant aujourd’hui. Ce que j’entendais par “contenant”, c’est la manière de diffuser, de montrer, de transmettre ou de faire les choses. Comme dans “parler À LA RADIO” ou “écrire SUR UN BLOGUE“. Bref, c’est ce qui décrit l’état d’un événement ou d’une chose, et qui le – ou la – met parfois en contexte.

Ce qui m’amène à parler de ce que j’ai véritablement aimé de l’exposition: l’atmosphère et l’ambiance qui témoignent du contexte de création des différentes oeuvres de Waterhouse… En effet, le Musée des beaux-arts de Montréal s’est vraisemblablement soucié de ces points lors de la conception et du montage de cette exposition. De la même manière que Waterhouse a su rendre hommage à divers poèmes, histoires et mythes dans ces peintures, le Musée des beaux-arts – avec notamment les rideaux et les murs noirs, l’éclairage tamisé, la disposition des toiles ainsi que la musique – a également su mettre en contexte l’oeuvre du peintre et ainsi témoigné de ce qui l’inspirait au moment de peindre ses plus grandes toiles.

Par exemple, dans une des pièces, on a même retranscrit un poème d’Alfred Tennyson dont s’est inspiré Waterhouse pour peindre La Dame de Shalott, sa plus célèbre toile. En ayant accès à de telles informations, j’ai personnellement apprécié davantage différents aspects de son oeuvre puisque j’avais l’impression d’en connaître déjà sur le sujet décrit dans ses toiles et je pouvais ainsi me situer en me reférant à ce que je venais de lire. En archivistique, on parle souvent du respect du principe de provenance qui implique de considérer toutes les pièces d’un fonds d’archives comme étant un tout indissociable de manière à ce que chacune d’elle témoigne de la valeur d’information de l’autre. Bref, chaque pièce permet de mettre en contexte les autres pièces. C’est un peu ce que le Musée des beaux-arts a fait, non pas en appliquant le respect du principe de provenance – car il ne s’agit pas ici d’un fonds mais de plusieurs collections – mais en tentant de situer les oeuvres dans leur contexte de création grâce à une mise en scène très réussie et à de l’information complémentaire qui ne trouve pas uniquement refuge dans le – ô combien – traditionnel cartel.

D’ailleurs, parlant d’archivistique, le MBA a eu la brillante idée d’exposer quelques documents d’archives dont des notes de l’artiste, des croquis, des livres, des documents administratifs et des biens personnels qui témoignent parfois de son parcours.

Autre point intéressant à souligner, il est possible de louer un audio-guide diffusant différentes pièces sélectionnées par maestro Kent Nagano…

Bref, je le répète, un sacré beau travail!

Par ailleurs, vers la fin de l’exposition, on peut voir le moyen-métrage Out Of Our Minds, de Melissa Auf der Maur et Tony Stone, qui s’inspire beaucoup de l’oeuvre de J.W. Waterhouse. Une autre très belle initiative du Musée des beaux-arts de Montréal. Seul bémol: aucun contrôle d’accès n’est effectué dans la salle dans laquelle le film est projeté, ce qui a pour effet que l’on est très susceptible d’arriver en plein milieu de la projection et d’en manquer conséquemment la première moitié… Sinon, il est vraiment intéressant de constater les différentes références à Waterhouse.

Pour plus d’informations:

En terminant, voici la publicité télé de l’exposition qui témoigne très bien de l’univers de Waterhouse.

Courez-y!