Ceux qui, il y a quelques années, nous ont donné le “très poétique” Bagman viennent tout juste de faire paraître T is for Turbo, un genre de Scott Pilgrim meets Mad Max. Au menu: hémoglobine, une fille qui se fait kidnapper par des bas ass sortis tout droit de Mad Max, François Gadbois (le frisé qui fait les annonces de Rogers), et Yves Corbeil, man!
Le film a été soumis au concours ABC’s of Death, un projet de film dans lequel on pourra voir 26 courts métrages back à back ; chaque court représentant une lettre de l’alphabet. Pour l’instant, il y a 25 réalisateurs participants. L’équation est donc très simple: 26-25=1. Bingo, il manque un réalisateur alors la bande de Drafthouse Films, qui est derrière ABC’s of Death, a lancé un concours. Celui qui gagne verra son court métrage dans le film et repartira avec 5000$.
Pour voter pour Roadkill Superstar et peut-être, un jour, voir Bagman, le long métrage, c’est ici que ça se passe.
Parce que, au Québec, il n’y a pas que Céline et le Cirque du Soleil qui soient big…
Sans dessein, c’est le titre d’un film québécois produit et réalisé par le collectif Dead Cat Films, et dont pratiquement personne n’a parlé. Si je ne m’abuse, le film n’a jamais été présenté en salles, sinon dans quelques festivals. Fantasia et les Rendez-vous du cinéma québécois, notamment. Un film qui porte bien son nom, peut-on donc croire… Or, c’est vraiment quelque chose à voir. Pas pour ses qualités techniques ou esthétiques, ni ses effets spéciaux ou ses grandes performances d’acteur – le film n’a probablement pas coûté plus cher à produire que ce qui a été alloué pour la conception de l’affiche du film Route 132 -, mais pour les moments de purs délires, ses personnages caricaturaux, et parce que le collectif a su faire un film de genre accessible.
En gros, ça raconte l’histoire de Paul, un gars sans ambition ni intérêt, qui fait le ménage dans une entreprise de sous-traitance en entretien ménager… Un jour, il reçoit la visite de son propre fantôme, venu du futur, qui veut l’aider à changer son destin (qui est de se noyer dans sa propre merde). Ensemble, ils tenteront donc de charmer Martine, une fille sur laquelle Paul avait un solide kick alors qu’il était au primaire. Tel serait son nouveau destin.
Histoire de vous donner quelques repères, disons que, au Québec, c’est ce qui se rapproche le plus de ce que pourrait faire Todd (The Hangover) Phillips, Judd (Pineapple Express) Apatow ou Kevin (Clerk) Smith, mais avec un peu de sauce brune et de fromage en crottes.
Pas sûr qu’Oprah le recommanderait, mais… on s’en fout d’Oprah!
Le film est disponible en DVD et sur illico depuis quelques semaines. Pitchez-vous!
Comme premier film à Fantasia cette année, je suis plutôt bien tombé bien que j’aie manqué les 2-3 premières minutes. Je suis allé voir la comédie coréenne Hello Ghost.
Hello Ghost, ça raconte l’histoire d’un orphelin dans la mi-vingtaine, Sang-Man, qui décide de mettre fin à ses jours par je-ne-sais quelle manière puisque, quand je suis entré dans la salle, il était déjà à l’hôpital… Dès lors, puisqu’il s’est rapproché de la mort, il commence à voir des fantômes qui le suivent partout et qui se servent de son corps pour réaliser leurs dernières volontés. Il y a quautre fantômes: un jeune garçon qui veut se rendre au cinéma et manger quelques bols de nouilles aux fèves noires, un fumeur compulsif qui veut faire un tour de voiture jusqu’à l’océan, une femme qui pleure sans arrêt et qui désire préparer un festin gargantuesque, et un vieil homme voyeur et probablement alcoolique qui veut remettre une vieille caméra qu’il avait empruntée à un homme alors qu’il était vivant. Bref, ils ont tous besoin du corps de notre ami suicidaire pour réaliser leurs dernières volontés, et ils ne se gênent pas pour l’emprunter tout à tour.
C’est d’ailleurs ces situations où les fantômes prennent possession du corps de leur souffre-douleur qui rendent le film si sympathique. En effet, c’est plutôt drôle de voir le personnage principal prendre les traits de caractère des fantômes pour ensuite interagir avec lui-même, le tout sous les yeux d’un autre humain, telle la jolie infirmière de qui Sang-Man tombe bien évidemment amoureux. Les sud-coréens ont habituellement un grand talent pour développer des personnages caricaturaux et gauches et on ne fait pas exception à la règle ici. Ce qui est plus étonnant, c’est de voir qu’il demeure possible d’aborder des thèmes plus graves – tels que la mort, la famille, l’amour, la dépression et le suicide – sur un fond d’humour, voire même satirique. C’est tantôt drôle, tantôt touchant, et c’est surtout très sud-coréen!
Une deuxième et dernière représentation aura lieu aujourd’hui, à 13h.
Tu cherches des trucs pour devenir un de ces cinéastes dont les films seront analysés au CEGEP dans quelques années? Tu souhaites ne pas gagner de Jutra mais néanmoins figurer dans le Top 10 annuel des films favoris de plusieurs critiques cinéma? Tu cherches à choquer pour… choquer…? Tu as plein de bonnes petites idées sympathiques mais tu n’arrives pas à trouver de fil conducteur qui te permettra de rassembler le tout? Tu veux être différent?
Voici quelques petits clichés assez hots que tu devras intégrer à tes films et qui te permettront de devenir tout ça:
À la fin, faire mourir le personnage de grand-père haïssable auquel on s’attache finalement;
Lorsque quelqu’un meurt, le montrer à maintes reprises en train d’observer ses proches, encore vivants… comme dans Six Feet Under!!!;
Mettre en scène des personnages encore plus caricaturaux que la personne la plus weird que vous avez pu rencontrer dans la réalité;
Des Cigarettes, des cigarettes, des cigarettes, des cigarettes, des cigarettes, des cigarettes, et toujours des cigarettes… partout… tout le temps…
Alcool, alcool, alcool, alcool, alcool, alcool, alcool, et toujours de l’alcool… partout… tout le temps…
Au début, il faut qu’il y ait un traumatisme (viol, meurtre, inceste, accident, etc.);
Organiser un casting différent – si possible, avec un hasbeen;
Si ça pouvait se passer dans un village on ne peut plus morne, ce serait un atout;
Des vieilles minounes, des vieilles minounes, des vieilles minounes, des vieilles minounes, et encore des vieilles minounes… toujours des vieilles minounes;
De la nudité, beaucoup de nudité;
Des chapeaux de cowboys, des chapeaux de cowboys, des chapeaux de cowboys, et encore des chapeaux de cowboys, toujours des chapeaux de cowboys;
Des gars en train de pisser;
Du gris et du brun;
Faire de longues séquences en train de montrer – en gros plan – les différents personnages en pleine séance d’introspection;
Des scènes en slow motion;
De la neige;
De grands espaces vides;
Des filles et des enfants qui sacrent;
De la musique western;
Un personnage de brute qui, au fond de lui, a un grand sens artistique;
Si j’avais vu Animal Kingdom avant d’écrire mon billet sur les perles cinématographiques vues en 2010, je lui aurais assurément attribué la meilleure fin.
Qu’est-ce qu’Animal Kingdom? C’est un petit film australien dont on a très peu entendu parler à Montréal. Pour ma part, ce qui a fait que je m’y suis intéressé, c’est la liste des meilleurs films de 2010 selon Quentin Tarantino. Animal Kingdom y est en troisième place, derrière Toy Story 3 et Social Network.
Qu’est-ce que ça raconte? C’est l’histoire d’un ado qui, suite à la mort de sa mère, va habiter avec sa grand-mère et quelques mauvais garçons qui sont aussi ses oncles. Trafic de drogues, meurtres et autres délits deviennent ainsi choses courantes pour notre jeune ami. Un jour, un drame impliquant la police arrive à la famille. Et ce qu’ils feront aura de lourdes conséquences sur la vie de plusieurs d’entre eux.
Souvent, ce qui fait qu’un film me plaît, c’est l’histoire. Or, dans Animal Kingdom, l’histoire est une trame de fond. Ce qui y est davantage intéressant, c’est d’abord la manière dont les personnages sont développés et, ensuite, l’effet de surprise que crée la réaction de chacun d’eux face à une situation donnée. En effet, après quelques minutes de visionnement, on arrive à comprendre que les uns sont de véritables voyous et que les autres le sont un peu moins mais on peut difficilement deviner jusqu’où chacun d’entre eux seraient prêts à aller pour se protéger ou pour éviter quelques années de pénitencier. Bref, souvent, on se retrouve dans des situations où, dans la plupart des films, on saurait ce que feraient les différents personnages mais, dans Animal Kingdom, on l’ignore totalement. Les personnages sont développés de manière à ce que leur réaction nous surprenne sans que nous trouvions ça incohérent. Tout est possible. Est-il prêt à battre son propre frère pour une simple histoire de drogue? Irait-il jusqu’à violer cette jeune fille qu’il reluque depuis quelques temps? S’il l’attrape, qu’est-ce qu’il lui fera? Va-t-il le dénoncer à la police? Telles sont les questions que je me suis posées pendant le film.
Et que dire de la fin…
Si vous aimez les petits films indépendants qui se déroulent dans des banlieues grises et quasi industrielles où l’on peut facilement trouver du crack pas cher – je pense notamment à Winter’s Bone, Gone Baby Gone ou Fish Tank -, ce film est pour vous.