Black Swan

Plusieurs personnes que je connais ont vu Black Swan depuis sa sortie en salle. Certains me disaient que c’était bon, d’autres me disaient que c’était correct, et une majorité me disaient que c’était bon mais que…

  • … c’est exagéré;
  • … c’est un trip de réalisateur;
  • … ça a toutes les caractéristiques d’un film culte à la Rocky Horror Picture Show;
  • … je n’aimerai pas ça à cause de la trame de fond (le ballet);
  • … c’est dégueulasse;
  • … c’est un peu long;

Bref, la plupart ont aimé ça mais tous avaient quelque chose à ajouter, sans trop savoir quoi ajouter finalement… Lorsque quelqu’un m’en parlait, ça ressemblait à ça:

C’est bon. Mais… je sais pas… C’est… comme… je sais pas. Peut-être un peu… ah, je sais pas… MAIS C’EST BON! Mais… je sais pas… Faut que tu le vois…

Ce que j’ai fait.

Mon verdict?

C’est bon. Mais… je sais pas… C’est… comme… je sais pas. Peut-être un peu… j’allais dire “exagéré” mais, en fait, c’est très… théâtral. MAIS C’EST BON! Mais… On dirait que le côté théâtral est mélangé au côté réaliste de la chose; ce qui déstabilise un peu le spectateur.

Je ne sais pas si c’est un coup de génie de la part d’Aronofsky ou s’il a échoué lamentablement ce qu’il tentait de faire mais… je sais pas… faut que tu vois ça…

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The Disapprearance of Alice Creed

The Disapprearance of Alice Creed

Dans quelques jours, vous pourrez lire, dans La Presse, le top 10 des critiques cinéma. Sans vouloir faire un Julian Assange de moi-même, je peux d’emblée vous dire ce que nous retrouverons très probablement, dans ce top 10: Black Swan, The Social Network, Inception, The Fighter, Un Prophète, et peut-être True Grit. Ajoutons à cela un petit film coup de poing sans véritable budget (The Winter’s Bone), un documentaire (Exit Through the Gift Shop), un film québécois (Incendies ou Curling), et un film étranger qui n’a été présenté qu’au FNC jusqu’à maintenant (Biutiful).

Maintenant, qu’on vienne m’arrêter sur le champ pour avoir voler de la gomme et une tablette de chocolat au dépanneur il y a 20 ans!

Mais d’abord, moi aussi j’y vais de quelques perles cinématographiques vues en 2010. Je spécifie toutefois que je n’ai pas encore vu Black Swan, ni True Grit, ni The Fighter, ni Incendies; ce qui explique peut-être leur absence ici… Il faut dire que, avec un bambin de 7 mois, les sorties au cinéma sont aussi rares qu’une réceptionniste sympathique dans une clinique médicale…

  • LE meilleur huis clos: Dispappearance of Alice Creed
  • LE film le plus captivant, le plus intéressant: The Social Network
  • LE film qui me rappelle ce que Spike Lee a fait de mieux: Fish Tank
  • LE film dont devrait s’inspirer David Lynch afin de limiter le degré d’ambiguïté de ses oeuvres et qu’on ait ainsi un peu de plaisir à les regarder: Inception
  • LE film le plus underrated: Shutter Island
  • LE film que j’aurais aimé faire: Scott Pilgrim Vs The World
  • LE meilleur film dans une autre langue que le français ou l’anglais: Fish Story
  • LE meilleur film dans une autre langue que le français, l’anglais… ou le japonais: Mother
  • LE meilleur western: The Good, The Bad and The Weird
  • LE film le plus délicieusement weird: Symbol
  • LE film low-budget qui a néanmoins frappé fort: The Winter’s Bone
  • LE film le plus drôle: Greenberg
  • LE meilleur film de lesbiennes: The Kids Are Allright
  • LE meilleur documentaire: Exit Through the Gift Shop
  • LA meilleure réplique: Dewow ou Mow, Roy Dupuis dans Mesrine, l’instinc de mort
  • LE personnage le plus laid, le plus méchant: tous les habitants du village dans Deliever Us From Evil
  • LES meilleurs p’tits bonshommes: Toy Story 3
  • LE film que j’aurais aimé voir au cinéma mais dont l’accent on ne peut plus particulier des personnages m’a convaincu d’attendre la sortie DVD avec sous-titres: Down Terrace

Et quelques coups de gueule… pour se faire du bien…

  • LE film le plus décevant: Alice In Wonderland
  • LE film le plus overrated: Le Ruban Blanc
  • LE film qui n’a pas sa raison d’être: Antichrist
  • LE film le plus long: Un prophète
  • LE documentaire le plus décevant: Maradona par Kusturica

Rendez-vous dans La Presse du 31 janvier pour voir si mes prédictions étaient bonnes…

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Mother

L’autre soir, j’ai loué un film que j’imposerais à tous mes étudiants… si j’étais professeur… Ça s’appelait Mother et ça raconte l’histoire d’une femme qui voit son fils – légèrement déficient – être arrêté et emprisonné pour le meurtre d’une jeune fille. Persuadée de son innocence, elle décide de mener sa propre enquête.

Même si son enquête n’est pas digne de celles de James Stewart ou de Cary Grant (je les mélange toujours ces deux-là) dans les films d’Hitchcock, il y a néanmoins quelque chose ici qu’on ne retrouve pas là-bas, ni là-bas, ni là-bas… Ici, ce qui est intéressant, ce sont davantage les personnages d’anti-héros tordus, les situations quelque peu loufoques, les répliques, etc. Ceux qui sont habitués au cinéma sud-coréen savent sans doute ce que je tente en vain d’illustrer présentement car il s’agit là de caractéristiques que l’on peut fréquemment retrouver dans un film coréen. Sauf que dans le cas présent, on pourrait dire que Mother est au cinéma coréen ce que No Country For Old Men est au cinéma américain. Et je suis même tenté de dire que Joon-ho Bong, le réalisateur de Mother, est au cinéma coréen ce que les Coen brothers sont au cinéma américain…

Bref, ceux qui désirent s’initier au cinéma sud-coréen, Mother est sans aucun doute une valeur sûre. En fait, tous les films de Joon-ho Bong que j’ai eu la chance de voir valent la peine d’être vus. Tel est notamment le cas de The Host et, surtout, Memories on Murder, une autre perle bien cachée.

Et si vous attrapez la piqûre du cinéma sud-coréen, voici la liste de mes 10 incontournables. Je vous propose d’ailleurs le Vidéo Beaubien pour ce type de film car ils ont une grande sélection de films asiatiques; probablement la plus grande que j’ai pu voir depuis la fermeture (ou le déménagement?) du Marché Clandestin

  • Sympathy for Mr. Vengeance
  • A Bloody Aria
  • The Good, the Bad and the Weird
  • Old Boy
  • Secret Reunion
  • Memories of Murder
  • Mother
  • My Sassy Girl
  • Thirst
  • A tale of Two Sisters

Et si vous en voulez plus, en rafale:

  • The Foul King
  • Sympathy for Lady Vengeance
  • Joint Security Area
  • A little Pond
  • Cyborg She
  • A Bittersweet life
  • The Chaser
  • The Host
  • The Executionner
  • Castaway on the Moon
  • Three Extremes
  • Crying Fist
  • The City of Violence
  • Time
  • Hansel and Gretel
  • Rough Cut
  • Breathless
  • Daytime Drinking
  • Antique Bakery
7 com

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Avertissement, je me prends pour un consultant Web et détenteur d’un M.Sc. en commerce électronique dans ce billet

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Aujourd’hui, je suis allé voir The Social Network, le film sur Facebook. En tant que cinéphile averti et très grand consommateur de bande passante, j’avais très hâte de le voir et je dois dire que je n’ai vraiment pas été déçu.

Cinématographiquement parlant, le film est très réussi.  Le scénario est impeccable, la réalisation est à la hauteur de ce à quoi nous a habitué David Fincher, les acteurs sont très corrects et la bande sonore de Trent Reznor est on peut plus appropriée. Mais bon, tout ça, vous l’avez lu partout… Ce dont j’ai envie de parler ici – ce qui m’a le plus marqué dans ce film – ce sont les passages où Mark Zuckerberg (le cofondateur de Facebook) et Sean Parker (le cofondateur de Napster) parlent (indirectement) de leur vision du Web.

Ça m’a passionné de voir à quel point Zuckerberg se foutait éperdument de l’argent dans toute cette histoire. Certains avancent que c’était une revanche (celle d’un nerd), d’autres pourraient dire que ce n’était qu’un trip de programmeur… Pour ma part – et je suis conscient que le film est romancé -, je crois que Zuckerberg l’a fait par passion; parce qu’il savait que ça répondait à des besoins, celui de communiquer et de s’afficher. Au début, selon toutes apparences, l’argent, il s’en foutait. Ce n’est pas pour rien qu’il a préféré offrir en téléchargement gratuit Synapse, le logiciel de reconnaissance musical qu’il a conçu avant Facebook, plutôt que de le vendre à Microsoft et AOL… Et, sous prétexte qu’il valait mieux attendre de bien réaliser ce que Facebook allait devenir, ce n’est pas pour rien non plus qu’il s’entêtait à ne pas vouloir y mettre de pub au début. Personnellement, je crois que, ce qu’il voulait, c’était faire des sites Web sur lesquels il allait se plaire à naviguer. Et ce concept, que ce soit en télévision, en presse écrite ou en radio, il n’existe pas. Par exemple, en presse écrite, le rédacteur en chef se fera toujours imposer un article sur cet artiste qui a placé pour 10 000$ de pub dans la parution de la veille.  Idem pour le concepteur d’une émission de télé qui se fera imposer ce même artiste dont le disque a été lancé par un label qui appartient au même propriétaire que le diffuseur de ladite émission.

Sur le Web, ça ne peut pas fonctionner comme ça car les consommateurs sont trop directement impliqués. Par exemple, lorsqu’on se branche sur Facebook, c’est sur NOTRE profil que nous nous rendons. Or, est-ce que je veux réellement avoir une pub de char sur MON profil? Bof! Certes, il y a de la pub sur Facebook, mais ce n’est pas n’importe quel pub. En ce qui me concerne, présentement, j’y vois de l’auto-promo de Facebook qui m’invite à développer de nouvelles applications. Je ne suis pas développeur mais, dans le cadre de mon travail, je pourrais très bien être appelé à réfléchir aux différentes fonctionnalités que pourraient contenir une telle application. Et ça, Facebook le sait car j’ai déjà liké Mashable, Wordpress, Tumblr, reddit, Delicious, etc. Sur mon profil, je veux retrouver des trucs que j’aime… J’ai bien hâte de voir des pubs aussi personnalisées dans ma télé ou dans ma Presse.

Selon moi, sur le Web, il faut être à l’écoute des gens; il faut arriver à anticiper ce qu’ils veulent; il faut faire les choses avec passion. Bref, il faut pratiquement faire le contraire de ce que les entrepreneurs traditionnels ont toujours fait. Nous l’avons vu dans le cas de Facebook et dans le cas de Napster. Certes, les deux gars étaient des jeunots et ils ont gaffé plus souvent qu’à leur tour mais ils sont néanmoins parvenus à bâtir quelque chose de nouveau et à nuire à des industries qui étaient très bien établies depuis des dizaines d’années. Il doit bien y avoir quelque chose de bon à en tirer, non?

Pour en revenir à nos moutons (et je ne fais pas référence à la coupe de cheveux de Justin Timberlake), The Social Network est un excellent film. Ce n’est certes pas Citizen Kane et ça ne révolutionnera pas l’histoire du cinéma mais, assurément, il y a quelque chose de hautement intéressant duquel les millions de stratèges qui tentent activement de trouver un modèle d’affaire rentable sur le Web devraient s’inspirer.

P.S. Au risque de me répéter, je suis conscient que le film a été romancé mais il faut bien que le scénariste se soit inspiré à quelque part…

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Paprika

Hier, j’ai reçu un coup de poing en pleine face. Au sens figuré, bien sûr. Je regardais mon news feed sur Facebook quand, soudainement, je vois un post qui annonce la mort de Satoshi Kon, l’un des plus grands cinéastes d’animation japonaise. Cancer. Il n’avait que 46 ans.

Bien que je ne sois pas un expert en matière d’animation japonaise, il demeure que j’en ai vu plusieurs et je vous assure que tout ce que Satoshi Kon a fait vaut la peine d’être vu puisqu’il avait cette particularité de pouvoir raconter une histoire très complexe sans toutefois tomber dans l’incompréhensible.

Je me permets d’ailleurs de citer le journaliste Kevin Laforest qui, en plus d’être l’auteur du coup de poing reçu en pleine face live sur Facebook hier, avait décrit le travail de Satoshi Kon de façon on ne peut plus juste dans un article paru il y a quelques années dans le journal Voir:

En seulement quatre films (plus une série télé, Paranoia Agent), Satoshi Kon s’est établi comme l’un des grands maîtres de l’animation japonaise. Mis à part le plus conventionnel mais néanmoins sympathique conte pour enfants Tokyo Godfathers, son oeuvre démontre qu’on peut faire du dessin animé foncièrement adulte, sans toutefois sombrer dans la démesure violente et sexuelle. Ce qui démarque les films de Satoshi Kon, c’est la finesse avec laquelle les personnages sont développés et, surtout, leur complexité narrative et visuelle.

Lorsque qu’un individu comme Satoshi Kon décède, au-delà de la perte d’un être humain, c’est également une partie du patrimoine mondial qui meurt. Il y a certes d’autres cinéastes de renom qui font de l’animation de qualité mais, les différents éléments qui caractérisaient le cinéma de Satoshi Kon ne seront plus jamais réunis dans un même film.

C’est quand même triste.

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Si ça vous intéresse de découvrir son oeuvre, voici sa filmographie, en commençant par ce qui était, selon moi, le summum de l’animation japonaise:

Paprika

Perfect Blue

Millenium Actress

Paranoia Agent (série télé)

Tokyo Godfathers

Satoshi Kon travaillait actuellement sur The Dreaming Machine, son cinquième film, mais j’ignore s’il était suffisamment avancé pour que l’on puisse le voir sur nos écrans un de ces jours. Je nous le souhaite.

none

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