Chaque fois que Véronique Cloutier lance une nouvelle émission, j’ai hâte. Et ce n’est pas nécessairement parce que c’est Véronique Cloutier! Le hasard veut simplement que je m’intéresse aux émissions qu’elle anime… Cet été, il y a eu Le Verdict, et maintenant, c’est Les Enfants de la télé.

Je n’avais pas particulièrement aimé Le Verdict. Quant aux Enfants de la télé, je l’ai justement écouté hier sur Tou.tv. L’archiviste en moi avait très hâte de voir ça. Ce n’est pas tous les jours que de grands diffuseurs se lancent dans un projet de démocratisation et de valorisation de ses archives. Il y a récemment eu Ici Louis-José Houde et Tout le Monde en parlait – qui furent d’ailleurs tous deux très réussis – et c’est à peu près tout, je crois.

Donc, j’avais très hâte de voir ce qu’il adviendrait des Enfants de la télé. Hélas, petite déception. Alors que je trouvais qu’Ici Louis-José Houde était beaucoup trop court, cette fois, c’était affreusement long… Pourtant, les 4 invités ont bien des années de carrière télévisuelle derrière eux alors je me disais qu’il y aurait là beaucoup à voir. Mais non, ce qui fût le plus intéressant, c’était les images qui n’avaient strictement rien à voir avec les invités. Je pense notamment à la pub avec le facteur qui s’adresse “au petit frisé” ou à l’extrait avec Michel Dumais. Il y a aussi eu le bout où l’on voyait deux homosexuels se tenir par la main. Semble-t-il, c’était las première fois que l’on voyait ça à la télévision québécoise. Ça, ce sont des archives intéressantes et pertinentes puisqu’elles témoignent de quelque chose. Peut-être pas le petit frisé mais faut quand même se divertir…

Sinon, de voir Dany Turcotte danser dans la peau d’une mascotte, Sonia Benezra chanter au Centaure, Normand Brathwaite jouer du tam tam en string ou Denise Filiatrault filmer son petit-fils, ça me laisse plutôt indifférent. J’avais plutôt l’impression qu’on voulait faire plaisir aux invités en leur présentant des trucs qu’ils ont fait dans leur carrière respective. Mais moi, simple téléspectateur, tout ça n’atteignait guère une quelconque corde sensible. J’avais plutôt l’impression d’assister à une soirée au cours de laquelle on regarde des diapositives en famille. Lorsque ce sont les photos de notre famille, c’est amusant, mais lorsque ce sont celles de la famille d’autrui, c’est un peu long…

Pourtant, il s’en est passé des trucs à la télévision québécoise.

Des exemples?

  • Le soldat Cloutier devant le warrior Lasagne pendant la crise d’Oka
  • Le Caporal Lortie à l’Assemblée nationale
  • Tout Passe-Partout
  • La frayeur sur le visage de Claude Deschênes qui était à New York le 11 septembre 2001
  • Le clin d’oeil de Patrick Roy
  • Neil Armstrong qui marche sur la Lune (ok, je n’étais pas né mais si je l’avais été, ça aurait assurément marqué mon enfance!)

Voilà le genre d’images que je m’attendais à voir, en plus de quelques pubs et bloopers. Ce sont là des scènes qui nous rappellent ce que la télévision peut nous apporter; ce dont elle peut témoigner. Tel est le rôle des archives.

Selon moi, il ne faut pas s’attarder à ce que les invités ont fait dans le passé; il faut plutôt les inviter à nous faire part de leurs impressions par rapport aux archives qui sont présentées. Vous souvenez-vous de ces images madame Filiatrault? Comment avez-vous réagi lorsque vous avez vu ces images pour la première fois à la télévision? Et comment le Québec a réagi? Bref, il ne faut pas simplement nous montrer des archives, il faut en parler aussi; les mettre en contexte. Un peu comme Normand Brathwaite l’a fait pour Piment Fort.

Par ailleurs, en ce qui concerne les animateurs, je les ai trouvés très corrects. Véronique Cloutier fait un travail d’animation à la hauteur de sa réputation et Antoine Bertrand semble bien jouer le rôle qui lui a été confié, soit celui de Dany Turcotte à Tout Le Monde en Parle. Toutefois, sans tomber dans la méchanceté, j’aurais aimé le voir un peu plus ironique, voire narquois, baveux. Ce qu’il faisait à Bluff l’année dernière, c’était complètement délirant. J’aurais aimé un plus de ça…

Tout ça pour dire que j’ai été un brin déçu de l’épisode d’hier. Toutefois, je laisserai la chance au coureur. Si la gang de C’est Juste de la TV arrive à faire un show aussi intéressant avec les actualités télévisuelles, il y a assurément quelque chose d’encore mieux à faire avec TOUTES les archives télévisuelles du Québec, voire même de la planète…

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Exposition D'après Notman.

Exposition D'après Notman.

Hier, après avoir lu ce billet sur Les Archives à l’affiche,  je suis allé faire un tour à l’exposition D’après Notman.

Pour ceux qui l’ignorent, chaque année, le Musée McCord présente, sur McGill College, une exposition de photos en plein air. Cette année, le concept consiste à présenter deux photos prises à plus ou moins 100 ans d’intervalle, au même endroit, dans le même angle, au même moment dans l’année, et sensiblement à la même heure.

Les photos initiales ont toutes été prises vers la fin du 19e siècle par le célèbre photographe William Notman, alors que les “répliques” ont été captées entre 1999 et 2001, par Andrzej Maciejewski. Tout un défi pour ce bon vieux Maciejewski qui, ma foi, est parvenu à le relever avec brio!

En effet, le résultat est assez impressionnant pour quelqu’un qui, comme moi, trippe sur les archives et qui s’est jadis prêté à un exercice similaire sur le présent blogue. Donc, comme je le disais, le travail de Maciejewski est vraiment impressionnant; c’est chouette de voir le même lieu, à près de 100 ans d’intervalle. Certains buildings ont ainsi disparu, et d’autres se sont érigés; un peu comme la Tour de Radio-Canada qui semble avoir pris la place d’une vieille église. On peut ainsi constater jusqu’à quel point Montréal a changé en un siècle; parfois pour le mieux, parfois pour le pire…

Par ailleurs, autre point intéressant dans cette expo, c’est l’utilisation de la technologie code QR, ce code à barres qui, après avoir été photographié à l’aide d’un téléphone intelligent et de l’application Beetagg, permet d’accéder à une page Web sur laquelle il est possible d’obtenir de plus amples informations sur les oeuvres. Bien que tous n’est pas un téléphone intelligent à portée de main, ça demeure une belle initiative de la part du musée McCord qui démontre ainsi son ouverture pour l’utilisation des nouvelles technologies dans sa mission de publication et de valorisation des archives.

Il est également possible de visiter l’expo virtuellement, mais je vous conseille fortement d’aller aussi faire un tour sur place. Vous avez jusqu’au 18 octobre.

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Juste pour vous dire que, il y a quelques jours, j’ai commencé à écrire un long (très long) billet sur l’importance de la préservation du patrimoine religieux et que, après 3-4 heures de recherche et de rédaction, je me suis dit que ça n’avait aucun sens que d’imposer ça aux 2-3 personnes qui – en tant que blonde, belle-mère et ami -  se font un devoir de lire tous mes billets; juste au cas où je leur en parlerais… J’ai donc supprimé ledit billet ce matin et n’en ai gardé aucune trace.

En revanche, voici la liste des 50 meilleurs vidéos Youtube selon Times.

Parce que c’est pas mal plus drôle un Charlie bit my finger qu’un mémoire sur Le sort des archives religieuses au Québec

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Education for Death

Education for Death

Ce matin, en épluchant mon Google Reader, je suis tombé sur ce billet de Tchendo. Il y parle brièvement de la série Amour, haine et propagande et des dessins animés de propagande réalisés par Walt Disney durant la deuxième guerre mondiale.

Ces dessins animés sont fascinants. Certes, ils sont choquants, malsains, manipulateurs, voire même racistes; mais néanmoins fascinants.

En fait, c’est principalement la forme utilisée, la trame narrative et l’ambiance qui en émerge qui me fascinent au plus au point et qui me donnent parfois même des frissons dans le dos. Un peu comme certaines scènes weird de Passe-Partout, ou encore Le Lac des cygnes. On ne voit malheureusement plus ce genre de choses de nos jours. Tous les dessins animés semblent uniquement être produits dans le but de divertir et apprendre des trucs aux jeunes. Non pas que ce soit mal, mais j’ai l’impression qu’il n’existe rien pour aider les jeunes à se développer en tant que personne!

Ceci dit, je n’approuve pas le fait que des messages de propagande soient ainsi adressés à des enfants, bien au contraire. Mais si on fait abstraction du contenu et que l’on se concentre sur la forme, je trouve qu’il s’agit d’une belle introduction à l’art et  j’irais même jusqu’à dire – sans toutefois trop me prononcer sur le sujet  étant donné que mes derniers cours de psycho remontent à il y a plus ou moins dix ans – que ça peut collaborer à l’éveil de certaines formes de l’intelligence de l’enfant. La plupart des dessins animés qui sont produits aujourd’hui semblent tous être faits selon le même gabarit; seule l’histoire change mais le squelette demeure le même. Dans la forme, c’est pratiquement toujours le même film.

Dans son livre, Animation et propagande ; Les dessins animés pendant la seconde guerre mondiale, Sébastien Roffat parle de l’utilisation d’un code sensitif dans pratiquement tous les dessins animés de propagande. C’est ainsi que certaines couleurs étaient judicieusement utilisées dans le but de faire réagir une émotion particulière ou que l’on utilisait une musique très lourde et forte pour illustrer un danger. J’ai le souvenir d’avoir vu des trucs du genre dans mon enfance et, très sincèrement, c’était exactement le genre de dessins animés qui me plaisaient le plus. Non pas pour l’histoire, mais à cause de la manière à travers laquelle elle m’était racontée.

L’unique utilisation d’un tel code n’est évidemment guère mieux que ce que l’on nous présente dans les dessins animés d’aujourd’hui mais, ce que je souhaiterais, c’est que les grands studios diversifient un peu leur offre. J’aimerais qu’il y ait plus que l’histoire qui différencie un film d’un autre; j’aimerais que la formule voulant que le personnage principal soit à la recherche de son papa, sa maman ou son frère cesse de se répéter sans cesse.

Peut-être que je suis nostalgique, ou peut-être que j’appréhende les mauvais films d’animation que je devrai me taper avec mon fils dans 2 ou 3 ans, mais j’ai nettement l’impression qu’il pourrait être intéressant de s’inspirer un peu de ces films de propagande en prenant évidemment bien soin d’adapter le tout à la saveur du jour.

Par chance, il y a Miyazaki

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Pierre commémorant le décès de 6 000 immigrants, Pointe-Saint-Charles, Qc, 1898, Alfred Walter Roper, © Musée McCord

En ce 17 mars, je souhaite une bonne Saint-Patrick à tous les Irlandais dont les ancêtres ont choisi le Québec comme terre d’accueil, soit, sauf erreur,  400 000 des 7 700 000 québécois!

Au delà de la grosse bière stout bien amère et du café Baileys, je vous suggère d’aller faire un tour sur le site du Musée McCord aujourd’hui afin de jeter un coup d’oeil à l’exposition numérique Irlandais O’ Québec et en connaître ainsi davantage sur le peuple irlandais. Le micro-site n’est pas le plus divertissant que le Musée McCord ait fait ces dernières années mais il contient néanmoins une très grande quantité d’information et il est assez bien structuré. Voici à cet effet le sommaire de l’exposition:

  • Loin de la terre natale : courte introduction qui explique brièvement la venue des Irlandais au Québec;
  • Biographies : La notice bibliographique de plusieurs Irlandais ayant marqué l’histoire du Québec;
  • Grosse-île : L’histoire de cette station de quarantaine installée près de Québec et dans laquelle des milliers d’Irlandais sont décédés. On y parle également de la Pointe au moulin, à Montréal, où des hangars ont été construits afin d’accueillir les malades. Bref, on y parle de la dure traversée des milliers d’Irlandais qui ont décidé de quitter leur terre natale, et des épreuves qu’ils ont dû surmonter;
  • À la ville : On raconte de quelle manière les Irlandais se sont intégrés dans les villes (Montréal et Québec) et de quelle manière ils ont su les transformer. Vous serez étonnés de voir à quel point les Irlandais ont participé à l’industrialisation de Montréal;
  • À la campagne : L’impact que les Irlandais ont eu sur les régions rurales du Québec est étonnante et on y explique très bien en quoi la culture québécoise d’aujourd’hui s’est inspirée des Irlandais qui ont préféré la campagne à la ville lors de leur arrivée au Québec;
  • Le défilé : On y présente notamment Saint-Patrick, l’homme derrière la fête, la petite histoire du défilé de Montréal et les protocoles;
  • En quoi ces histoires des Irlando-Québécois sont-elles importantes ? : Une conclusion qui nous montre à quel point notre culture a été inspirée par celle de l’Irlande.

Au delà du texte, on peut voir des dizaines de documents d’archives numérisés sur le site. Et si vous en voulez plus, sachez que l’exposition du même nom est présentée au Musée McCord jusqu’au 11 octobre. J’y suis allé peu après l’inauguration et je vous assure que vous en apprendrez encore davantage car, ce qui est présenté sur le site n’est qu’une très brève synthèse de l’exposition en salle.

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