Avertissement: Ce billet est ennuyant.
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Si ma vie était consignée dans un livre, un chapitre viendrait de se terminer. Un chapitre qui s’est écrit en 6 ans.
C’est que, voyez-vous, j’ai décidé de laisser mon poste de webmestre au journal Voir. Ça donne tout un choc que de laisser un poste comme celui-ci. Au début, je croyais que mon départ ne serait qu’une tempête dans un verre d’eau (autant de mon côté que de celui de l’employeur) mais, vraisemblablement, ce n’est pas le cas. Je me suis vraiment aperçu que j’adorais ce journal et je me suis également aperçu que le rôle que j’y jouait était apprécié. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti lorsque j’ai lu les mots que mes collègues ont écrit dans la carte qu’ils m’ont offerte la journée de mon départ.
Dans les semaines qui ont précédé le jour de ma démission, j’avais l’impression que la relation que j’entretenais avec le Voir était celle de deux amants blasés. Jadis, le Voir était, pour moi, une référence en matière de culture mais, plus tard, comme je prenais désormais part à cette “évangélisation” de la culture montréalaise, mon intérêt était moindre et je n’arrivais plus à aimer le Voir autant que je l’avais aimé jadis. J’ai donc commencé à regarder autour de moi pour me rendre compte qu’il y avait de multiples possibilités. J’ai ainsi revêtu ma plus belle chemise et suis allé voir ailleurs. Mes aventures ont porté fruit puisque ça a mordu. Sur le coup, j’étais soulagé et je voulais en aviser mon boss rapidement mais, lorsque le moment était venu, c’est comme si je m’étais rappelé les bons moments: l’implantation et la gestion des réseaux sociaux, le système de description de séquence vidéo que j’avais élaboré pour l’émission Voir, les nombreux rapports d’analyse de statistiques et de comportement des internautes que j’avais rédigés, etc… Bref, je me suis souvenu de tous ces projets et je me suis dit que, désormais, ce serait une autre personne qui allait s’en occuper. Par la suite, je me suis dit que je ne reverrai plus cet environnement qui m’entourait depuis quelques 6 années, ni les gens avec qui j’ai tant appris…
Pendant un moment, alors que Should I Stay or Should I Go jouait en boucle dans ma tête, j’ai douté. Après une heure ou deux de réflexion, je me suis que, oui, j’avais réalisé des projets vraiment intéressants et que les gens avec qui j’avais travaillé ces dernières années allaient tous me manquer mais qu’il était temps pour moi d’aller Voir ailleurs.
C’est ainsi que, dans quelques minutes, je revêtirai un nouveau costume et j’embarquerai dans un nouveau bateau. Mon costume sera celui d’un éditeur Internet et, le bateau, ce sera l’APCHQ. Je vous entends déjà dire que c’est pas mal moins glamour que le Voir! Et vous avez raison! Mais est-ce que ça signifie que ce que j’y ferai sera moins intéressant? Je ne crois pas! Après tout, Truman Capote n’a-t-il pas écrit le très excellent In Cold Bold après le très glamour Breakfast at Tiffany’s?
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Je voulais l’avait dit qu’il allait être ennuyant ce billet! Mais, ne serait-ce que pour remercier tous les gens avec qui j’ai pu travailler au journal Voir, il était nécessaire. Les employés du Voir sont, pour la plupart, des passionnés et, selon moi, c’est précisément pour cette raison que, 24 ans après la publication du premier numéro, il est encore possible de se procurer un exemplaire ce petit journal hebdomadaire gratuit à l’épicerie du coin.
Lâchez-pas!
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