Archive pour un autre tv addict

Banksy et The Simpsons (mise à jour 2)

Banksy vient de mettre en ligne ce film cette intro de la populaire émission The Simpsons. Aucun texte explicatif… Rien…

Vous en pensez quoi?

=====

Ajout

L’introduction a bel et bien été présentée à la télé, dimanche soir. Le NyTimes s’est même entretenu avec Al Jean, le producteur exécutif de The Simpsons. Quant à la signification du message, je n’ai encore rien trouvé de concret qui puisse expliqué ce que Banksy voulait dénoncer.  À suivre.

Ajout 2

Selon The Guardian, Banksy se serait inspiré du fait que les personnages des Simpsons soient animés par des animateurs sud-coréens qui, selon le China Daily,  reçoivent en moyenne 3 fois moins que leurs homologues américains.

Les enfants de la télé

Chaque fois que Véronique Cloutier lance une nouvelle émission, j’ai hâte. Et ce n’est pas nécessairement parce que c’est Véronique Cloutier! Le hasard veut simplement que je m’intéresse aux émissions qu’elle anime… Cet été, il y a eu Le Verdict, et maintenant, c’est Les Enfants de la télé.

Je n’avais pas particulièrement aimé Le Verdict. Quant aux Enfants de la télé, je l’ai justement écouté hier sur Tou.tv. L’archiviste en moi avait très hâte de voir ça. Ce n’est pas tous les jours que de grands diffuseurs se lancent dans un projet de démocratisation et de valorisation de ses archives. Il y a récemment eu Ici Louis-José Houde et Tout le Monde en parlait – qui furent d’ailleurs tous deux très réussis – et c’est à peu près tout, je crois.

Donc, j’avais très hâte de voir ce qu’il adviendrait des Enfants de la télé. Hélas, petite déception. Alors que je trouvais qu’Ici Louis-José Houde était beaucoup trop court, cette fois, c’était affreusement long… Pourtant, les 4 invités ont bien des années de carrière télévisuelle derrière eux alors je me disais qu’il y aurait là beaucoup à voir. Mais non, ce qui fût le plus intéressant, c’était les images qui n’avaient strictement rien à voir avec les invités. Je pense notamment à la pub avec le facteur qui s’adresse “au petit frisé” ou à l’extrait avec Michel Dumais. Il y a aussi eu le bout où l’on voyait deux homosexuels se tenir par la main. Semble-t-il, c’était las première fois que l’on voyait ça à la télévision québécoise. Ça, ce sont des archives intéressantes et pertinentes puisqu’elles témoignent de quelque chose. Peut-être pas le petit frisé mais faut quand même se divertir…

Sinon, de voir Dany Turcotte danser dans la peau d’une mascotte, Sonia Benezra chanter au Centaure, Normand Brathwaite jouer du tam tam en string ou Denise Filiatrault filmer son petit-fils, ça me laisse plutôt indifférent. J’avais plutôt l’impression qu’on voulait faire plaisir aux invités en leur présentant des trucs qu’ils ont fait dans leur carrière respective. Mais moi, simple téléspectateur, tout ça n’atteignait guère une quelconque corde sensible. J’avais plutôt l’impression d’assister à une soirée au cours de laquelle on regarde des diapositives en famille. Lorsque ce sont les photos de notre famille, c’est amusant, mais lorsque ce sont celles de la famille d’autrui, c’est un peu long…

Pourtant, il s’en est passé des trucs à la télévision québécoise.

Des exemples?

  • Le soldat Cloutier devant le warrior Lasagne pendant la crise d’Oka
  • Le Caporal Lortie à l’Assemblée nationale
  • Tout Passe-Partout
  • La frayeur sur le visage de Claude Deschênes qui était à New York le 11 septembre 2001
  • Le clin d’oeil de Patrick Roy
  • Neil Armstrong qui marche sur la Lune (ok, je n’étais pas né mais si je l’avais été, ça aurait assurément marqué mon enfance!)

Voilà le genre d’images que je m’attendais à voir, en plus de quelques pubs et bloopers. Ce sont là des scènes qui nous rappellent ce que la télévision peut nous apporter; ce dont elle peut témoigner. Tel est le rôle des archives.

Selon moi, il ne faut pas s’attarder à ce que les invités ont fait dans le passé; il faut plutôt les inviter à nous faire part de leurs impressions par rapport aux archives qui sont présentées. Vous souvenez-vous de ces images madame Filiatrault? Comment avez-vous réagi lorsque vous avez vu ces images pour la première fois à la télévision? Et comment le Québec a réagi? Bref, il ne faut pas simplement nous montrer des archives, il faut en parler aussi; les mettre en contexte. Un peu comme Normand Brathwaite l’a fait pour Piment Fort.

Par ailleurs, en ce qui concerne les animateurs, je les ai trouvés très corrects. Véronique Cloutier fait un travail d’animation à la hauteur de sa réputation et Antoine Bertrand semble bien jouer le rôle qui lui a été confié, soit celui de Dany Turcotte à Tout Le Monde en Parle. Toutefois, sans tomber dans la méchanceté, j’aurais aimé le voir un peu plus ironique, voire narquois, baveux. Ce qu’il faisait à Bluff l’année dernière, c’était complètement délirant. J’aurais aimé un plus de ça…

Tout ça pour dire que j’ai été un brin déçu de l’épisode d’hier. Toutefois, je laisserai la chance au coureur. Si la gang de C’est Juste de la TV arrive à faire un show aussi intéressant avec les actualités télévisuelles, il y a assurément quelque chose d’encore mieux à faire avec TOUTES les archives télévisuelles du Québec, voire même de la planète…

Dessins animés et propagande

Education for Death

Education for Death

Ce matin, en épluchant mon Google Reader, je suis tombé sur ce billet de Tchendo. Il y parle brièvement de la série Amour, haine et propagande et des dessins animés de propagande réalisés par Walt Disney durant la deuxième guerre mondiale.

Ces dessins animés sont fascinants. Certes, ils sont choquants, malsains, manipulateurs, voire même racistes; mais néanmoins fascinants.

En fait, c’est principalement la forme utilisée, la trame narrative et l’ambiance qui en émerge qui me fascinent au plus au point et qui me donnent parfois même des frissons dans le dos. Un peu comme certaines scènes weird de Passe-Partout, ou encore Le Lac des cygnes. On ne voit malheureusement plus ce genre de choses de nos jours. Tous les dessins animés semblent uniquement être produits dans le but de divertir et apprendre des trucs aux jeunes. Non pas que ce soit mal, mais j’ai l’impression qu’il n’existe rien pour aider les jeunes à se développer en tant que personne!

Ceci dit, je n’approuve pas le fait que des messages de propagande soient ainsi adressés à des enfants, bien au contraire. Mais si on fait abstraction du contenu et que l’on se concentre sur la forme, je trouve qu’il s’agit d’une belle introduction à l’art et  j’irais même jusqu’à dire – sans toutefois trop me prononcer sur le sujet  étant donné que mes derniers cours de psycho remontent à il y a plus ou moins dix ans – que ça peut collaborer à l’éveil de certaines formes de l’intelligence de l’enfant. La plupart des dessins animés qui sont produits aujourd’hui semblent tous être faits selon le même gabarit; seule l’histoire change mais le squelette demeure le même. Dans la forme, c’est pratiquement toujours le même film.

Dans son livre, Animation et propagande ; Les dessins animés pendant la seconde guerre mondiale, Sébastien Roffat parle de l’utilisation d’un code sensitif dans pratiquement tous les dessins animés de propagande. C’est ainsi que certaines couleurs étaient judicieusement utilisées dans le but de faire réagir une émotion particulière ou que l’on utilisait une musique très lourde et forte pour illustrer un danger. J’ai le souvenir d’avoir vu des trucs du genre dans mon enfance et, très sincèrement, c’était exactement le genre de dessins animés qui me plaisaient le plus. Non pas pour l’histoire, mais à cause de la manière à travers laquelle elle m’était racontée.

L’unique utilisation d’un tel code n’est évidemment guère mieux que ce que l’on nous présente dans les dessins animés d’aujourd’hui mais, ce que je souhaiterais, c’est que les grands studios diversifient un peu leur offre. J’aimerais qu’il y ait plus que l’histoire qui différencie un film d’un autre; j’aimerais que la formule voulant que le personnage principal soit à la recherche de son papa, sa maman ou son frère cesse de se répéter sans cesse.

Peut-être que je suis nostalgique, ou peut-être que j’appréhende les mauvais films d’animation que je devrai me taper avec mon fils dans 2 ou 3 ans, mais j’ai nettement l’impression qu’il pourrait être intéressant de s’inspirer un peu de ces films de propagande en prenant évidemment bien soin d’adapter le tout à la saveur du jour.

Par chance, il y a Miyazaki

La pertinence des Jutra

JutraCe soir, à Montréal, se déroulera le 12e gala des prix Jutra.

Tout d’abord, considérant que quelques 30 longs métrages sont produits ici chaque année, je dois dire que je m’interroge sur la pertinence de présenter un tel gala au Québec. Sur un lot de 30 films, y en a-t-il réellement 5 qui se mértient d’être nominés?

En 2003, le cinéma québécois se pétait les bretelles avec raison puisque, dans une même année, on avait pu voir Les Invasions barbares, La Grande séduction, Gaz Bar Blues, La Face cachée de la lune, 20h17 rue Darling et Roger Toupin épicier variété. Tous se méritaient selon moi une nomination, voire même la victoire. Or, c’est Les Invasions barbares qui a remporté le prix du meilleur film – sans surprise – bien que, à mon humble avis, Gaz Bar Blues ait été le meilleur film québécois de la décennie. Cette année-là, nous avions raison de célébrer le cinéma québécois.

L’année suivante, Mémoires affectives remportait le prix du meilleur film. Les autres films en nomination étaient Les Aimants, Ma vie en cinémascope et Elles étaient cinq. L’année d’après c’était au tour de  C.R.A.Z.Y. de  remporter le plus prestigieux des prix. Les autres films en nomination étaient L’Audition, La Neuvaine et Maurice Richard. Dans le cas de Mémoires affectives, on peut dire que ce dernier est venu sauver les meubles… Supposons que le film avait été produit un an plus tôt ou plus tard, à qui aurait-on remis le prix? Les Aimants était sympathique, certes. Elles étaient cinq était touchant, certes. Mais de là à leur décerner le prix du meilleur film, pas sûr… D’après ce que je me souviens, aucun des deux ne présentaient de qualités esthétiques ou artistiques qui se démarquaient réellement de ce qui se fait au Québec… ils ne faisaient que raconter une histoire. L’année suivante, Congorama remportait le même prix devant La vie secrète des gens heureux, Un Dimanche à Kigali et Bon cop, bad cop. Grosse année… Ensuite, c’était Continental, un film sans fusil qui le remportait devant L’Âge des ténèbres, La brunante et Les 3 p’tits cochons. Je pourrais continuer ainsi jusqu’à cette année et nous constaterions que, généralement, deux films québécois se démarquent du lot. Est-ce là une raison de célébrer le cinéma québécois? Le Québec produit certes de très bons films, mais pas cinq par année…

Cette année, les films en nominations sont les suivants:

  • Polytechnique
  • J’ai tué ma mère
  • Dédé à travers les brumes
  • 1981
  • Before tomorrow

D’emblée, je n’ai pas vu Before Tomorrow alors je ferai abstraction de lui dans ma pseudo-analyse. Polytechnique remportera le prix cette année et il le mérite amplement. Il s’agit du seul film qui présente réellement des qualités artistiques et qui aurait été digne de remporter des prix internationaux. J’ai tué ma mère a été victime d’un buzz. Le film présente certes quelques qualités mais répète les mêmes péripéties scène après scène. Dédé à travers les brumes a été très touchant étant donné qu’il raconte l’histoire d’un homme que nous avions tous l’impression de connaître et dont la mort a été un séisme culturel pour le Québec. Il demeure néanmoins que le film ne fait que raconter une histoire, rien de plus… Finalement, 1981 fut selon moi très intéressant. Il raconte lui aussi une histoire divertissante dont la mise en scène est intéressante et dont le casting est efficace. Mais, personnellement, je ne crois pas que ce soit possible de lui décerner le prix du meilleur film… Il est certes intéressant mais, au delà de cette première couche… nada. 1981 est en quelque sorte le film québécois typique. Un brin supérieur peut-être… Sympathique mais dont le seul et unique but est de raconter une histoire; un peu comme les films “corrects” de Woody Allen (Scoop, Melinda and Melinda, etc.). Malgré ses qualités indéniables, inutile de dire que ces films ne figurent jamais sur la liste des nominés d’un quelconque gala…

Tout comme les grands événements sportifs, pourquoi pas un gala des Prix Jutra aux 4 ans?

En audition avec Simon

Hier, sur Tou.Tv, une nouvelle Websérie a vu le jour: En audition avec Simon.

Le concept est très intéressant car on croirait assister à un mélange de Britain’s got Talent, de Tout sur moi et d’un ingrédient secret provenant de l’imaginaire de Simon-Olivier Fecteau.  Il s’agit de petits clips d’environ 3 minutes dans lesquels Simon-Olivier Fecteau (ex-Chick’n Swell et notamment réalisateur de Bluff) et Étienne de Passillé (Martin, dans Watatatow) font passer des auditions à des personnalités connues. Le tout est évidemment scénarisé et présente des moments souvent hilarants et laissant place au malaise.

Pourquoi je parle de cette websérie plutôt que d’une autre? Parce que je me demande si le fait que celle-ci soit une exclusivité Tou.tv restreindra les auteurs à laisser libre cours à leur imagination. On le sait, la webtélé nous présente des trucs que jamais nous ne verrions à la télévision. Tout d’abord, les coûts de production et de diffusion sont nettement moindre, les diffuseurs et/ou producteurs sont plus permissifs, l’équipe de travail est plus petite, etc. Pensez à Contrat de Gars! Pourrions-nous voir un tel projet à la télévision? Permettez-moi d’en douter.

Dans le cas présent, la qualité de l’image est supérieure à celle de plusieurs webséries, les acteurs sont connus, on place de la pub un peu partout sur le Web pour promouvoir la chose… Bref, vous comprenez ma crainte? Les coûts de production sont plus importants et on vise conséquemment un plus large publique. Mais cela signifie-t-il que le tout sera plus politically correct?

À voir les 4 premiers épisodes, j’ai plutôt une bonne impression. Les deux personnages principaux sont convaincants (j’aime particulièrement le jeu souvent muet d’Étienne de Passillé), on assiste à des situations assez drôles et je me suis même surpris à prêter attention au jeu des comédiens invités; comme s’il s’agissait réellement d’une audition. Le cadrage et les prises de vue réalistes y sont évidemment pour quelque chose…

Toutefois, certains sketchs tombent un peu à plat. Je pense surtout à celui avec Chantal Fontaine… Comme si le punch initial n’avait pas été retenu car trop ci ou trop ça… En revanche, celui avec André Robitaille est délicieusement vulgaire (mais tout à fait à propos), et ceux avec Marc-André Grondin et Rémi-Pierre Paquin, sont des concentrés de malaises.

Bref, il s’agit d’un exercice de style très intéressant que je suivrai de près au cours des prochaines semaines car d’autres clips seront mis en ligne à raison de 2 fois par semaine. On y verra notamment Guy A Lepage, Anne Dorval, Xavier Dolan, Stéphane Crête, Isabelle Blais et plusieurs autres.

Un beau projet!