Après avoir assemblé un meuble Ikea, je le connais mieux que quiconque. Un peu trop même. Je sais notamment que, si j’ai à le soulever, ce meuble, je ne dois pas le tenir d’une telle manière, mais plutôt d’une telle autre. Je le sais parce qu’il manquait une vis lorsque je l’ai assemblé, le meuble, et que c’est à cet endroit très précis que je ne l’ai pas mise, la vis. Si je le soulève d’une telle façon, je sais pertinemment qu’une partie restera par terre ou que tout s’écroulera à mi-chemin. D’où l’expression, “je te connais comme si je t’avais fait”. Lorsqu’une telle situation se présente, j’en viens à détester ledit meuble. Je connais tous ses défauts et, à chaque fois que je le regarde, j’ai envie d’empoigner une masse et de lui régler son compte une fois pour toute!

Ça, c’est le concept du meuble Ikea à l’état pur, dans toute son authenticité. Et la beauté avec ce concept, c’est qu’il se transpose partout.

Par exemple, à la petite école, lorsqu’il y a un “nouveau” qui arrive à la mi-année (appelons-le François), tout le monde s’y intéresse; à moins qu’il soit trop gros ou trop laid. S’il répond aux standards, il pique la curiosité de tout le monde. Mais peu à peu, on remarque qu’il sent légèrement plus fort que la moyenne des gens, qu’il se fouille dans le nez, qu’il ment pour se rendre intéressant, et on le soupçonne même d’être celui qui massacre les livres de la bibliothèque à grands coups de crayons-feutre. Bref, de la même manière que l’on remarque les défauts du meuble Ikea, à force de le fréquenter, on remarque aussi ceux de François et on comprend qu’il n’est pas celui que l’on croyait. On n’a pas nécessairement le goût d’empoigner une masse et d’en finir une fois pour toute avec lui, mais on l’évite et on le choisit en dernier lorsque vient le temps de faire les équipes d’hockey cosom.

Et là où le concept devient de plus en plus intéressant, c’est sur le Web.

Prenons, par exemple, le Nightlife Magazine. Avant que je ne visite leur site – qui s’apparente davantage à un blogue d’ailleurs -, j’estimais que c’était une source crédible d’information musicale. Notamment, je lisais les critiques CD pour me faire une idée des nouveautés qui valaient la peine d’être écoutées. Maintenant,  je ne sais même pas si on y publie encore des critiques de disques mais, après être allé naviguer sur leur site Web – et à force de les voir dans mes feeds Facebook et Twitter -, je sais qu’on y retrouve beaucoup de photos de filles qui frenchent, des chroniques insipides écrites par des blogueurs, et une application iPhone inutile qui ne répond à aucun besoin, sinon celui de voir des photos de filles qui frenchent… Bon, je parle du Nightlife, ici, car c’est un exemple type, mais il en existe  quelques autres dans le genre qui, à cause de leur présence Web, ont perdu toute notoriété à mes yeux. Comme dans le cas de François qui néglige son hygiène corporelle et qui s’amuse à saboter les livres de la bibliothèque. Lorsque ses amis se sont aperçus du pot aux roses, c’en était terminé de lui; l’étiquette du jeune vandale odorant allait lui coller à la peau jusqu’en 6e année.

Et sur les réseaux sociaux, c’est aussi pire! Combien de journalistes et autres personnalités publiques que j’estimais m’ont-ils déçu avec leurs insipidités sur Twitter. Et combien de fois ai-je roulé des yeux devant le statut ou la photo d’un ami Facebook?

Et je pourrais continuer longtemps, comme ça, à énumérer des applications concrètes du concept du meuble Ikea, mais la morale serait toujours la même; et elle implique soit une masse, ou un choix de dernière ronde au hockey cosom.

Un jour, je vous parlerez parlerai du concept de la grenouille dans l’eau bouillante.

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Anne Rodrigue, Robert Rodrigue, Simon Rodrigue, Dominique Rodrigue et Catherine Rodrigue

Elle s’appelle Anne Rodrigue mais bientôt elle reprendra son nom de jeune fille puisqu’elle est en instance de divorce. En effet, elle est séparée depuis 3 ans et demi. Elle a fréquenté un homme il y a deux ans mais elle l’a rapidement laissé tomber. Il était un peu ennuyant et il lui rappelait son ex-mari, Robert. Depuis, elle est déménagée à Québec pour se rapprocher d’une de ses filles, Dominique, et de ses enfants. Anne travaille dans une  école primaire. Elle est enseignante. Dans 5 ans, elle pourra enfin prendre sa retraite et s’occuper de ses petits-enfants. En attendant, elle adore prendre des photos d’eux pour les ajouter sur son profil Facebook et partager ainsi quelques photos avec ses soeurs, toujours à Montréal.

Il s’appelle Robert Rodrigue. Il vit seul dans un cottage de l’est de Montréal depuis que sa femme, Anne, est partie, il y a 3 ans et demi, après que leurs enfants – Catherine, Dominique et Simon – aient quitté tour  à tour le nid familial. Robert est superviseur à la STM. Il aime bien sa petite routine mais il s’ennuie de sa famille. Quand il se lève, le matin, Robert prend son café, écoute un brin de Salut Bonjour! histoire d’être à l’affût des dernières nouvelles, et part travailler pour ne revenir que 8 heures plus tard. Dès lors, il se prépare quelque chose à manger, et écoute un brin de hockey. Lorsqu’il n’y en a pas, il s’amuse à rédiger des petits textes ultra-positifs inspirées des Powerpoint que ses soeurs lui ont envoyé par courriel et les ajoute sur son profil Facebook en invitant les gens à les faire circuler.

Il s’appelle Simon Rodrigue. Il a 23 ans. Il vient d’être embauché comme directeur artistique dans une agence de pub réputée où il avait obtenu un poste de graphiste après y avoir fait son stage il y a deux étés. Il s’agit probablement du plus jeune directeur artistique de Montréal. Il a toujours eu de la chance… et il connait les bonnes personnes… Depuis qu’il a obtenu ce poste, il est déménagé, seul, dans un grand loft situé dans une ancienne église de la Petite Italie. Toutefois, il est rarement chez lui. On peut d’ailleurs le constater en consultant son profil Facebook car, à chaque fois qu’il met le pied dans un endroit public, il l’indique dans Facebook Places.

Elle s’appelle Dominique Rodrigue. Elle a 31 ans. Elle a habité à Montréal, avec ses parents, jusqu’à ce qu’elle rencontre Patrick, à 21 ans. Dès lors, elle est déménagée à Lévis, en banlieue de Québec. Elle a maintenant quatre enfants: Étienne (10 ans), Patrice (8 ans), Jeff (6 ans) et Constance (4 ans). Lorsqu’elle a emménagée avec Patrick, ce dernier avait déjà une fille: Julie (15 ans). Elle habite avec eux une semaine sur deux. Depuis 10 ans, Dominique est serveuse dans une brasserie. Pendant longtemps, elle travaillait le soir et la nuit mais, depuis quelques mois, elle sert les déjeuners et les dîners de 5 heures à 13 heures. Avec son cellulaire, Dominique aime bien prendre des photos d’elle dans le miroir de la salle de bains pour ensuite les mettre sur Facebook et attendre que ses amis les commentent.

Elle s’appelle Catherine Rodrigue. Elle a 25 ans et elle habite à Montréal. Elles est célibataire et bachelière en Recherche et animation culturelle. Avec des copines avec qui elle étudiait à l’UQAM, elle alimente un blogue sur les tendances, la scène locale, la mode et le design. Aussi, elle anime une émission de radio à CIBL. Elle a un compte Tumblr, un compte Flickr, un blogue personnel sur Wordpress.com, deux ou trois profils Facebook ainsi que quelques pages et un compte Twitter. Aussi, elle écrit dans un Webzine. Sinon, elle travaille dans un magasin de disques usagés et est  recherchiste pour une émission de télé diffusée sur une chaîne spécialisée. Elle aime bien mettre, sur Facebook, des photos de ses virées nocturnes dans les bars miteux près de la Plaza St-Hubert.

Ce sont les Rodrigue! Vous les connaissez peut-être.

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Séparés à la naissance: Gilles Duceppe et Grand Corps Malade.

Et si seulement la campagne électorale avait été plus longue… Peut-être aurais-je pu espérer un set-carré qui saurait rejoindre les ainés…

En attendant, slamons Québec!

<iframe frameborder=”0″ width=”425″ height=”318″ src=”http://www.dailymotion.com/embed/video/xga5sp?width=425&theme=none&wmode=transparent”></iframe><br /><a href=”http://www.dailymotion.com/video/xga5sp_grand-corps-malade-je-viens-de-la_music” target=”_blank”>Grand Corps Malade – Je Viens De L&agrave;</a> <i>par <a href=”http://www.dailymotion.com/universalmusicbelgique” target=”_blank”>universalmusicbelgique</a></i>

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photo: Infopresse

Savoir choisir ses batailles, voilà une maxime que j’aime bien.

À quoi bon s’investir dans une bataille dont l’enjeu est sans véritable importance? C’est comme ce “débat” qui a été rediffusé ce matin à Christiane Charette entre Olivia Lévy et Nathalie Petrowski. Le sujet: Pour ou contre le mariage. Non, mais, on s’en contrefiche, non? Si tu ne veux pas te marier, fine! La seule personne que ça regarde – en dehors de toi -, c’est ton/ta conjoint(e) alors inutile d’en faire un débat radiodiffusé avec, en prime, deux débatteurs qui en mettent définitivement trop qu’il en faut! Ce que je fais lorsqu’on m’impose des débats sans enjeu? Power Off. Et je me trouve autre chose à faire.

Toujours dans la veine des batailles sans véritable enjeu, il y a ces gens qui s’insurgent devant les pubs que l’on peut désormais voir sur les roues arrières des BIXI. Celle-là, je ne la comprends vraiment pas… Le principal argument étant que ces publicités sont visuellement polluantes, j’exige que l’on m’explique en quoi est-ce que c’est plus polluant visuellement que les publicités sur les autobus ou les taxis, ou celles sur les abribus?

De la pub, il y en a partout où l’on regarde. Des panneaux sur le bord des autoroutes, des affiches qui placardent les murs du centre-ville, l’affichage électronique dans le Métro, etc. Il y en a certes trop. Mais, sincèrement, qu’est-ce qui est le plus polluant visuellement entre un logo de 30 centimètres par 30 centimètres sur la roue arrière d’un vélo ou un panneau de 5 mètres par 3 mètres juché dans les airs en plein coeur du Mile-End?

Comme le dit François Cardinal dans son éditorial du 23 avril, [...] la pérennité d’un tel système, qu’on le veuille ou non, a un coût. Un coût qui doit être assumé soit par les usagers, soit par les contribuables… soit par les annonceurs. Dans un contexte où les taxes et tarifs sont quotidiennement conspués, la dernière option s’imposait d’elle-même.

Avec un réseau qui prend de l’ampleur, de nouveaux coûts étaient à prévoir et, personnellement, je crois que la publicité est une très chouette alternative à la hausse des tarifs aux usagers; d’autant plus que, désormais, les déplacements sont de 45 minutes plutôt que de 30 minutes et la période d’attente entre les déplacements est de 2 minutes plutôt que 5.  Qui plus est, l’un des partenaires (Telus, pour ne pas le nommer) remet 1$ à la Fondation des maladies du coeur pour chaque nouvel abonnement. Pour ma part, ne serait-ce que pour ces dernières raisons, ça vaut la peine de traîner le logo d’Alcan, Desjardins ou Telus derrière soi lorsqu’on chevauche un BIXI.

Bon, j’ai l’air d’écrire un billet commandité pour Bixi… Comme ce n’est pas le cas, je terminerai en disant que je suis (très) partiellement d’accord avec les détracteurs qui considèrent que ce n’est pas moralement acceptable d’utiliser les usagers de Bixi pour véhiculer un message publicitaire. En fait, ce n’est pas contre le concept que j’en ai mais plutôt contre une publicité bien précise: celle de Desjardins dans laquelle on retrouve simplement un nom de famille sur la roue arrière, comme si l’utilisateur du Bixi était une partie intégrante du concept. Ça, c’est un peu cheap mais le média, lui, je l’appuie à 100%.

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Je commence définitivement à être vieux. J’essaie tant bien que mal de rester jeune mais, il y a toujours quelque chose pour me le rappeler. Pour ceux qui ne comprennent pas trop de quoi je parle, c’est que vous êtes trop jeunes… Voici les premiers signes annonciateurs de la vieillesse.

Vous saurez ainsi à quoi vous attendre.

  • ton médecin de famille est plus jeune que toi;
  • tu as des choses à partager avec l’hygiéniste dentaire;
  • dans l’auto, tu écoutes la Première chaine de Radio-Canada;
  • tu siffles;
  • tu as mal aux jambes quand tu te lèves le matin;
  • au bureau, il commence à y avoir des gens qui sont nés dans la décennie qui suit la tienne – et même plus;
  • de moins en moins de gens comprennent tes références aux petits bonshommes que tu écoutais quand tu étais petit;
  • les animateurs de CISM te tapent sur les rognons;
  • après le souper, tu dois prendre un peu d’eau minérale histoire de bien digérer;
  • tu t’endors sur le divan;
  • faire l’épicerie, c’est plaisant;
  • tu vas en Floride;
  • quand tu allais à la maternelle, tu ne faisais qu’une demi-journée;
  • ton école secondaire n’existe plus;
  • on dit que ton sens de l’humour est celui d’un vieux mononcle;
  • tu es familier avec l’image qui illustre ce billet;
  • etc.

Et j’imagine que les plus vieux d’entre vous trouvez que ce n’est que le début…

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