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Avertissement, je me prends pour un consultant Web et détenteur d’un M.Sc. en commerce électronique dans ce billet
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Aujourd’hui, je suis allé voir The Social Network, le film sur Facebook. En tant que cinéphile averti et très grand consommateur de bande passante, j’avais très hâte de le voir et je dois dire que je n’ai vraiment pas été déçu.
Cinématographiquement parlant, le film est très réussi. Le scénario est impeccable, la réalisation est à la hauteur de ce à quoi nous a habitué David Fincher, les acteurs sont très corrects et la bande sonore de Trent Reznor est on peut plus appropriée. Mais bon, tout ça, vous l’avez lu partout… Ce dont j’ai envie de parler ici – ce qui m’a le plus marqué dans ce film – ce sont les passages où Mark Zuckerberg (le cofondateur de Facebook) et Sean Parker (le cofondateur de Napster) parlent (indirectement) de leur vision du Web.
Ça m’a passionné de voir à quel point Zuckerberg se foutait éperdument de l’argent dans toute cette histoire. Certains avancent que c’était une revanche (celle d’un nerd), d’autres pourraient dire que ce n’était qu’un trip de programmeur… Pour ma part – et je suis conscient que le film est romancé -, je crois que Zuckerberg l’a fait par passion; parce qu’il savait que ça répondait à des besoins, celui de communiquer et de s’afficher. Au début, selon toutes apparences, l’argent, il s’en foutait. Ce n’est pas pour rien qu’il a préféré offrir en téléchargement gratuit Synapse, le logiciel de reconnaissance musical qu’il a conçu avant Facebook, plutôt que de le vendre à Microsoft et AOL… Et, sous prétexte qu’il valait mieux attendre de bien réaliser ce que Facebook allait devenir, ce n’est pas pour rien non plus qu’il s’entêtait à ne pas vouloir y mettre de pub au début. Personnellement, je crois que, ce qu’il voulait, c’était faire des sites Web sur lesquels il allait se plaire à naviguer. Et ce concept, que ce soit en télévision, en presse écrite ou en radio, il n’existe pas. Par exemple, en presse écrite, le rédacteur en chef se fera toujours imposer un article sur cet artiste qui a placé pour 10 000$ de pub dans la parution de la veille. Idem pour le concepteur d’une émission de télé qui se fera imposer ce même artiste dont le disque a été lancé par un label qui appartient au même propriétaire que le diffuseur de ladite émission.
Sur le Web, ça ne peut pas fonctionner comme ça car les consommateurs sont trop directement impliqués. Par exemple, lorsqu’on se branche sur Facebook, c’est sur NOTRE profil que nous nous rendons. Or, est-ce que je veux réellement avoir une pub de char sur MON profil? Bof! Certes, il y a de la pub sur Facebook, mais ce n’est pas n’importe quel pub. En ce qui me concerne, présentement, j’y vois de l’auto-promo de Facebook qui m’invite à développer de nouvelles applications. Je ne suis pas développeur mais, dans le cadre de mon travail, je pourrais très bien être appelé à réfléchir aux différentes fonctionnalités que pourraient contenir une telle application. Et ça, Facebook le sait car j’ai déjà liké Mashable, Wordpress, Tumblr, reddit, Delicious, etc. Sur mon profil, je veux retrouver des trucs que j’aime… J’ai bien hâte de voir des pubs aussi personnalisées dans ma télé ou dans ma Presse.
Selon moi, sur le Web, il faut être à l’écoute des gens; il faut arriver à anticiper ce qu’ils veulent; il faut faire les choses avec passion. Bref, il faut pratiquement faire le contraire de ce que les entrepreneurs traditionnels ont toujours fait. Nous l’avons vu dans le cas de Facebook et dans le cas de Napster. Certes, les deux gars étaient des jeunots et ils ont gaffé plus souvent qu’à leur tour mais ils sont néanmoins parvenus à bâtir quelque chose de nouveau et à nuire à des industries qui étaient très bien établies depuis des dizaines d’années. Il doit bien y avoir quelque chose de bon à en tirer, non?
Pour en revenir à nos moutons (et je ne fais pas référence à la coupe de cheveux de Justin Timberlake), The Social Network est un excellent film. Ce n’est certes pas Citizen Kane et ça ne révolutionnera pas l’histoire du cinéma mais, assurément, il y a quelque chose de hautement intéressant duquel les millions de stratèges qui tentent activement de trouver un modèle d’affaire rentable sur le Web devraient s’inspirer.
P.S. Au risque de me répéter, je suis conscient que le film a été romancé mais il faut bien que le scénariste se soit inspiré à quelque part…
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