
Vous l’avez peut-être vu sur le blogue d’Olivier Robillard Laveaux du journal Voir, une étude réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), l’Institut de la statistique du Québec et l’Institut national de la recherche scientifique au sujet du comportement des internautes québécois sur un site P2P a été rendue public plus tôt cette semaine. On y apprend notamment que, durant une période donnée, 51% des disques téléchargés par les usagers québécois étaient des produits québécois alors que leur part de marché n’était que de 20%. Concrètement, ça signifie que, sur 100 disques, 20 sont québécois, et que ces derniers représentent la moitié (51%) des téléchargements effectués par les usagers québécois. Cette proportion serait sensiblement la même dans les magasins.
Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle?
À mon avis, il s’agit d’une bonne-mauvaise-nouvelle; ou l’inverse…
La bonne nouvelle c’est que les gens aiment la musique des artistes québécois mais, la mauvaise, c’est qu’ils ne sont pas nécessairement prêts à payer pour la consommer.
En ce qui me concerne, je n’ai pas de parti pris dans ce débat sur l’éthique du partage de la musique sur Internet. J’encourage les artistes à être généreux envers leurs fans, mais je ne suis pas particulièrement d’accord avec le concept du P2P. Bref, un côté de moi pense que, pour percer, les artistes doivent se faire connaître et que le fait de diffuser gratuitement leur musique sur le Web est une excellente manière d’y parvenir; nous l’avons notamment vu avec Misteur Valaire. D’un autre côté, le fait de laisser une porte ouverte sur son ordinateur de manière à ce que tous puissent venir y copier la musique d’un artiste quelconque via les P2P n’est pas un geste très respectueux de la part d’un amateur de musique. Heureusement, il existe beaucoup d’autres manières de diffuser de la musique sur le Web sans nuire à qui que ce soit mais il s’agit là d’un tout autre sujet.
Pour en revenir à l’étude publiée en début de semaine, en poursuivant ma lecture, je suis tombé sur des statistiques très intéressantes et dont, à ma connaissance, très peu de personnes ont parlé jusqu’à maintenant. Il semblerait que, dans les magasins, la très grande majorité des disques achetés soient des nouveautés (93%) alors que, en P2P, ce n’est que 43% des disques téléchargés qui soient des nouveautés. Le reste des produits téléchargés sont des disques qui datent d’il y a quelques années et des compilations réalisées par les utilisateurs; des disques qui n’existent pas en réalité…
Au fond, je ne suis pas vraiment étonné par ces chiffres car, lorsqu’on entre chez HMV ou Archambault, ce qu’on nous propose via les posters géants et dans les postes d’écoute, ce sont les nouveautés… Sachant que, grosso modo, les gens achètent beaucoup de nouveautés mais qu’ils piratent principalement les disques de “répertoire”, il serait peut-être intéressant d’implanter des stratégies de commercialisation de ces derniers disques… Jamais on ne retrouve de bon vieux disques de Robert Charlebois ou de Leonard Cohen dans les postes d’écoute… Pourtant, ce sont là des artistes qui en ont influencé certains autres qui ont la cote actuellement alors ils sont conséquement appelés à être appréciés des consommateurs les plus actifs sur les P2P (hommes de 20 à 29 ans). La simple utilisation du traditionnel “Si vous aimez X, vous aimerez Y et Z” dans les magasins pourrait alors être intéressante… Le P2P permet la recherche d’artistes similaires comme le fait notamment Amazon alors pourquoi ne pas en faire de même dans les magasins? Pourquoi limiter l’offre alors que la demande existe? Idem pour la musique que l’on y fait jouer; il serait intéressant de combiner des pièces récentes et d’autres qui le sont moins.
Bref, de nouvelles données nous sont parvenues grâce à cette étude alors j’ose espérer que l’industrie se donnera la peine d’étudier un peu la situation de manière à bien connaître le potentiel de marché et ainsi mieux commercialiser certains produits qui sont présentement destinés à vieillir dans un bac sur lequel on peut lire 3 pour 25$.
Évidemment, comme il existe désormais plusieurs manières de consommer la musique, il y sans doute plusieurs autres façons de donner un deuxième souffle aux classiques dont s’inspirent les artistes d’aujourd’hui mais qui demeurent peu connus des plus jeunes générations. Des idées?
Pour ceux que ça intéresse, l’étude en question est ici.
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